David LAYANI

Président fondateur de OnePoint

Né en 1979, David Layani a créé le groupe OnePoint à l’âge de 22 ans. Son entreprise, aujourd’hui de près de 2000 collaborateurs, est bâtie sur l’idée que le numérique est un levier essentiel de la transformation des entreprises, elle est spécialisée dans le conseil et le management des Systèmes d’Information et intervient dans plusieurs secteurs d’activités pour des grandes entreprises et institutions : Banque-Finance-Assurance, Energie, Distribution, Secteur Public, Services, Télécommunications et Industrie.

Rapidement, le groupe s’est développé à l’international : Canada, Chine, Tunisie et USA. Il conserve cependant une majorité de ses effectifs en France démontrant ainsi que le « penser global, produire local » s’applique aussi à la nouvelle économie.

David Layani est très impliqué dans les réflexions liées au progrès et aux conditions de réussite de l’entrepreneuriat.

OnePoint est devenu en moins de 15 ans l’un des acteurs majeurs de la transformation numérique. Le métier de OnePoint est autant de penser le changement que de le conduire avec les outils adaptés, pour des clients de tous secteurs, privés comme publics. La force de OnePoint est d’avoir conservé l’agilité d’une ETI innovante, sa capacité à proposer des solutions sur mesure à ses clients, grâce à des relations très fortes avec un écosystème de start-ups et de PME, tout en renforçant son expertise sectorielle et de conseil dans la conduite du changement. OnePoint a vocation à devenir un des leaders européens de l’architecture des entreprises, de la réflexion sur leur organisation jusqu’à la traduction concrète en réseaux, systèmes et outils du quotidien pour augmenter leur performance.

Interview de David Layani

« Ils font bouger les lignes… »

S’il est un dirigeant d’ETI qui cultive toujours autant la passion de l’entrepreneuriat, 13 ans après avoir créé Onepoint, une société de conseil et de services pour entreprises dans le numérique, c’est bien David Layani. Onepoint compte aujourd’hui plus de 2000 collaborateurs en France (Paris ; Nantes ; Bordeaux ; Toulouse), au Canada, en Chine, en Tunisie, en Europe et aux États-Unis.

David Layani nous livre ses réflexion sur l’entreprise et le numérique en France :

POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER, AINSI QUE VOS ACTIVITÉS ?

Je suis Président-Fondateur de OnePoint, que j’ai créé il y a 13 ans. Nous sommes une société de conseil et de services et nous nous sommes positionnés très tôt sur les opportunités et les challenges de la révolution numérique pour les entreprises. L’entreprise d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui et le numérique d’aujourd’hui n’est rien à côté de celui de demain.

Dans cet environnement en perpétuelle évolution, mon rôle, c’est de garantir une organisation toujours en mouvement. Nous avons beaucoup grandi en quelques années. Nous sommes désormais près de 2000 collaborateurs, en France, mais aussi en Chine, au Canada, en Europe, aux États-Unis, en Tunisie… Malgré ces grands défis, je veux conserver toutes les conditions de l’agilité, de la fluidité et de la mobilisation de nos équipes.

QUELLE EST VOTRE VISION DE CETTE VAGUE ENTREPRENEURIALE ACTUELLE ?

Je crois qu’elle répond à une nouvelle ère de notre rapport au monde et au travail. Cette vague, c’est celle de tous ceux qui ont envie de voir l’impact direct de leurs actions et de leur engagement au travail.

C’est celle de ceux qui préfèrent évaluer les risques, et décider pour eux-mêmes. C’est celle de ceux qui sont prêts à sacrifier beaucoup pour avoir plus de liberté. Au-delà des seuls chefs d’entreprise, l’entrepreneuriat se répand partout dans l’entreprise, sous forme d’intrapreneuriat mais aussi lorsque les salariés fondent des communautés d’intérêt complémentaires à leurs activités ou créent des activités en plus de leur emploi.

SELON VOUS, POURQUOI LA FRANCE COMPTE-T-ELLE 2/3 DE PETITES ENTREPRISES ? QUE FAUDRAIT T-IL FAIRE POUR LES FAIRE GRANDIR ? LE PROBLÈME DU CHÔMAGE ENDÉMIQUE NE VIENT-IL PAS DE LÀ ?

Il n’y a probablement pas une explication unique au phénomène de fragmentation du tissu des entreprises et au petit nombre d’ETI, en comparaison avec nos pays voisins comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Mais il me semble que deux facteurs ont eu un rôle. La législation et les seuils sociaux d’abord.

Rationnellement, un chef d’entreprise pourrait choisir de conserver ses effectifs sous le seuil des 50 personnes, pour éviter la déstabilisation des dizaines de nouvelles obligations qui lui seraient imposées au-delà. De ce point de vue, le gel ou le déplacement des seuils pourraient avoir un impact significatif.

L’autre facteur, c’est peut-être ce paradoxe entre la nécessité de réussir et la stigmatisation de l’échec.

N’hésitons pas à penser plus grand dès le départ. La France peut produire des champions internationaux. D’ores et déjà, dans de nombreux domaines, elle est en pointe qu’il s’agisse des MedTech, de ville durable, de nouveaux services liés à la transformation numérique…

ENTREPRENDRE, CRÉER SON JOB OU SON ENTREPRISE, EST IL AUJOURD’HUI DEVENU LE SEUL ASCENSEUR SOCIAL POUR LES JEUNES ?

C’est certainement une ouverture vers de nouvelles possibilités, en marge des cursus français traditionnels. Si on regarde les Zones Urbaines Sensibles, où la part de la population jeune est très importante, elles connaissent un taux de création d’entreprises deux fois supérieur à la moyenne nationale. Mais je crois que cela témoigne d’une dynamique plus large, une forme de libération de la société. Libération des statuts, des rigidités, de la séparation stricte entre vie personnelle et professionnelle. Créer son entreprise ou son emploi, c’est dire un nouveau rapport au monde, celui de l’engagement et de la recherche du bonheur par soi-même.

L’INTRAPRENEURIAT, EST-CE UNE RÉALITÉ OU EN EST-ON ENCORE AUX BALBUTIEMENTS DE CETTE TENDANCE ?

Les deux ! L’intrapreneuriat est une réalité au sein de nombreuses entreprises, les petites comme les grandes. C’est pour moi une réponse aux nouvelles demandes de qualité de vie au travail des salariés. Plus d’autonomie, plus de liberté, plus de contribution concrète à la croissance du groupe. Ce sont des pépites qui échappent un peu à l’entreprise tout en l’enrichissant considérablement. Et nous n’en sommes encore qu’au début de cette évolution. Si de grands groupes ont bien compris l’intérêt de l’intrapreneuriat, je crois que va s’installer durablement cette dialectique, ce dialogue, cet échange entre la vision de la grande structure et l’agilité, l’adaptabilité et le pragmatisme des structures intrapreneuriales.

L’ENTREPRENEUR EST-IL UN AVENTURIER DES TEMPS MODERNES ?

Vis-à-vis de la société ou de votre famille, il est de plus en plus valorisant d’être un entrepreneur. La société et le Gouvernement voient tout l’intérêt désormais d’encourager la création d’entreprise. Mais cette évolution ne banalise pas à mes yeux l’aventure. Être entrepreneur, c’est chercher partout des solutions. Être entrepreneur, c’est refuser que l’on vous dise que ce n’est pas possible. Être entrepreneur, c’est s’endormir avec une idée et se réveiller avec deux idées.

QUELLE EST LA CLÉ DU SUCCÈS ?

Ne jamais oublier le client. J’ai construit mon entreprise en misant sur la nécessité de produire localement pour être au plus proche des clients et pouvoir leur proposer des solutions rapides et efficaces.

Le client ne se contente plus de consommer. Il attend beaucoup de la personnalisation de la relation avec l’entreprise et donc avec le salarié qu’il a en face. Cette idée, il ne faut jamais l’opposer au business.

Le triptyque gagnant, qui redistribue les cartes en entreprise ces dernières années, est l’équilibre des satisfactions entre les clients, les salariés et les actionnaires. Il faut les associer plutôt que les diviser.

Quatre conseils de David Layani

La formation académique n’est pas un prérequis pour réussir. Comprenez les enjeux du terrain en vous frottant à la réalité. En engageant toutes vos forces dans votre passion et en croyant en votre capacité de réussir, vous ouvrirez les plus grandes portes. Sachez aussi vous entourer des bonnes personnes.

• Soyez optimiste. Prenez conscience tous les jours de la réalité de ce que vous avez et des choses fondamentales qui vous font vous lever du bon pied. Cela ne vous empêche pas de rester profondément réaliste.

• Montez en gamme en créant une valeur plus importante. Proposez les meilleurs produits, les meilleurs outillages et les meilleurs services à vos clients en cernant précisément leur process et leur organisation.

• Ne vendez pas votre âme. Les entrepreneurs ne sont pas obsédés par l’argent. Avoir de l’empathie ne signifie pas être faible ! Soyez le bâtisseur de projets intelligents capables de rassembler des équipes et porteurs de sens en remettant l’homme au centre.

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